More fun this way

Ce dimanche passé, nous avons beaucoup voyagé car c’était la fête de l’école, point d’orgue à la vie sociale de l’établissement. Pour l’occasion, cette honorable « school », vieille de bientôt cent ans, avait l’allure joviale d’une grande kermesse, avec un orchestre, des jeux pour les enfants dans un gymnase étourdissant de musique branchée et fort heureusement, de nombreux stands dans la cour pour donner des forces et ravitailler les parents épuisés.

Premier arrêt dans la maison hantée, une institution apparemment, organisée chaque année par les seize – dix-sept ans. J’avais oublié qu’à cet âge, il y a peu d’amoureux de la poésie. En bonne mère poule, j’ai choisi de ne pas faire confiance à la jeune lycéenne qui m’a affirmé droit dans les yeux et sans sourciller que les enfants pouvaient y aller seuls. J’ai autant sursauté, trébuché, couru et crié que nos filles. L’aînée s’est enfuie le plus vite possible, me laissant au bras de notre fille cadette que toutes les références à Adèle ne pouvaient sauver. Quant à L., tel un gentleman, il m’a laissé la politesse et n’est pas entré dans cet endroit aussi sombre qu’infernal. J’avais lu dans un journal très sérieux, qu’à l’occasion d’une expatriation, la famille resserrait ses liens. Bien qu’en apparence tout à fait normaux, cela n’a apparemment aucun effet chez nous. Sur une échelle de la solidarité de zéro à dix, j’hésite encore avec un peu de malice à nous mettre un petit trois, histoire de nous améliorer. Mais dans l’affaire, je me demande si ce ne sont pas les lycéens qui s’amusent le plus à animer cette maison digne des plus grands films d’horreur.

Je vous passe les jeux plutôt anglais, tels que le panier de basket ball, le « rat splash », la roue de la chance et quand même la traditionnelle pêche aux canards. Quels que soient les scores, les enfants, et les adultes qui souhaitent s’y essayer, gagnent à chaque fois. Alors, le moment des choix arrivent, difficiles et cornéliens, parmi toutes les récompenses qui seront autant de babioles à supporter à la maison. La nature a vraiment horreur du vide !

Il était enfin l’heure de nous sustenter alors que la pluie s’était gentiment invitée. Nous avons essayé de nous réchauffer auprès des mexicains avec le meilleur guacamole que je n’ai jamais mangé, puis chez les américains au barbecue avec des hot-dogs « home made ». Malgré le froid qui commençait à nous saisir tout à fait, L. tenait absolument à une bière allemande et moi, à un bretzel. La réputation de ces spécialités n’étant plus à faire, il n’y avait plus de bretzels quand nous sommes arrivés et la queue pour la bière était décourageante – depuis, je crois savoir où trouver au moins la boulangerie dans laquelle je pourrai me consoler. Le froid nous a fait bouder les Polonais, nos cousins les Canadiens, tous les autres stands Asiatiques, Japonais, Coréen, Indien, Malaisien, etc., et nous avons atterri… chez les Français – positionnés à côté du stand des Italiens, pour vous dire que vus depuis le Japon, nous sommes bien perçus comme des Latins, il n’y a rien à faire – qui portaient la marinière et le béret et proposaient de délicieuses crêpes, du fromage et de la charcuterie (tout ce qui nous manque ici !) Oh bonheur de faire connaissance avec cette joyeuse et frigorifiée communauté dont j’avais adopté le code de la marinière sans le savoir ! Est-ce faire preuve de beaucoup de chauvinisme que de vous dire, chers lecteurs – après tout, nous sommes connus pour cela aussi -,  que dans ce grand voyage culinaire autour de la planète, la France était (le plus) parfaitement dans le ton de la fête car nous avions un sacré bon vieux temps breton à ne pas mettre le nez dehors ?

Ce quatrième dimanche était sans doute un peu moins serein et détendu que les autres. Nous sommes très vite partis nous rentrer au chaud, l’automne s’était invité aux festivités et depuis, il s’installe vraiment !

A très bientôt, chers lecteurs !

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6 commentaires sur “More fun this way

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  1. Chapeau bas pour les japonais et leur sens de l’organisation pour une fête de l’école.
    Nous en sommes bien loin avec notre barbecue « saucisses/merguez » et tartes maison.
    Nous aussi, c’est bel et bien l’automne ici. ENFIN, il pleut. Mon petit jardin de 14m2 remercie le ciel. Et oui, 14m2 tout de même.
    A bientôt pour de nouvelles aventures.

    Aimé par 1 personne

    1. Mais que veux-tu pour les fêtes de nos écoles ? La tradition du barbecue vient des Américains et l' »oktoberfest » est en Allemagne … Je propose que quelques parents se dévouent pour des stages :-)))
      Et quant à ton jardin, j’ai hâte de pouvoir en profiter aux beaux jours, lors de nos passages dans la vallée.
      Excellente continuation à toi !

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  2. Marie Pierre,
    J’adore l’évaluation de la solidarité…Je suis en désaccord sur le trois…..! L’ainé joue , la cadette soutient la mère dans son sentiment de soutien indispensable et le père n’a plus rien à faire…
    Je mets un 10/10 pour cette répartition des rôles… J’ai entendu les cris… Trop Chouette !

    Merci pour ce rythme effréné !

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    1. Annie,
      Et moi, j’adore votre regard sur les articles. La solidarité ici, l’équilibre habitude et exploration en cours de stabilisation à Enoshima, et le Canard que nous maintenons pour la vallée ;-))
      Belle continuation à vous ! Et merci !

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